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 L'impérialisme romain

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Guillaume
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MessageSujet: L'impérialisme romain   Ven 2 Mar - 5:05

(d'aprés Marcel Le Glay)

Les Romains ont dominé le monde connu pendant plus de 5 siècles. Mais comment en est on arrivé là ? Les images d'Epinal nous racontent souvent que dés le début les Romains ont mené une politique de conquète. Or , M. Le Glay dit tout le contraire. Ce n'est qu'a partir de Pydna (168) , ou méme de la destruction de Carthage et de Corinthe en 146 , que les Romains affichent une volonté de conquète. Aprés on sait où cela nous mène : César , Auguste poursuivent cette politique de conquète. Hadrien quant à lui se montre plus défensif.

Et à partir du IIIe siècle , les citoyens ne s'intéressent plus à l'armée , ce qui entrainent leur remplacement par des mercenaires...
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MessageSujet: Re: L'impérialisme romain   Sam 3 Mar - 9:52

Honnêtement je ne suis pas tout à fait d'accord. On ne peut pas parler strito sensus d'une volonté Impérialiste. A mon avis les conquètes sont surtout stimulées par l'atrait de l'argent et donc, en finialité, du pouvoir personnel que pouvait en tirer certains haut magistrats et les soldats qui pour eux était une surce assez lucrative (pillage, etc...). Ceci étant assez flagrant tout au long de la période Républicaine et des trois premières "guerres civiles". Jules César n'était pas un impérialiste, mais il lui fallait de l'argent, et la seule façon de trouver de l'argent pour corrompre et acheter des voix était d'aller en chercher ailleurs, donc sur une autre terre et donc de faire des guerres. Il ne faut pas non plus oublier que la guerre est en elle-même une certaine forme d'économie très lucratuve.

Par contre pour les armées du Bas-Empire n'oublie pas que les tribus germaniques, enfin certaines, avaient des accords leur imposant de fournir un certain contingen pour l'Empire.

pour les mercenaires je ne pourrais en parler car n'en ai jamais entendu parler (veut-tu dire les Buccelarii?), a contrario des foederatii.
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alain
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MessageSujet: Re: L'impérialisme romain   Mer 7 Mar - 12:04

L'exemple de la Gaule montre à mon avis l'intelligence de l'impérialisme romain, les coutumes locales sont respectées, les élites accèdent aux plus hauts emplois et sont reconnues à Rome, qui achète leurs produits et adapte en souplesse ses dieux aux dieux locaux.
Résultat, nous parlons toujours le romain adapté et déformé par l'usage, pas le germain des francs, et nos livres d'histoire reconnaissent les bienfaits de la colonisation au sens actuel, aucune critique 1500 ans aprés, Rome a fait la France actuelle et lui a apporté sa culture gréco-romaine.
Et pourtant la Gaule a résisté et comment mais a du reconnaitre l'apport de Rome qui a créé la nation française de fait là où il y avait 60 peuples gaulois!
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Otto
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MessageSujet: Re: L'impérialisme romain   Lun 12 Mar - 7:05

Question intéressante, qui est au moins un sujet de thèse Wink

L'impérialisme n'est pas une donnée spécifiquement romaine. De fait, tout état veut se protéger des agressions extérieures, donc en vient tôt ou tard à attaquer ses ennemis directs, suivant le fameux adage «si vis pacem, para bellum», qui ramène en fait toute politique agressive à une défense préventive Smile
La suite est bien connue, après les ennemis directs, il y a les menaces potentielle, et l'engrenage sans fin des amis des ennemis qui deviennent de nouveaux ennemis.

Rome, jusqu'au 3ème siècle av. JC, n'est qu'une cité parmi d'autres de l'Italie centrale, environnée de tribus belliqueuses (Marses, Samnites,,,), de voisins plus civilisés (Etrusques) et de populations franchement «barbares» (celtes). D'où toute une série de guerres (avec des hauts et des bas) qui provoquent le développement d'une mentalité guerrière.
Les historiens semblent de plus en plus admettre que durant cette période, Rome conclut une alliance avec la riche cité de Capoue, en Italie du sud (d'où serait originaire en particulier l'illustre famille des Appii Claudii), et s'implique dans la politique locale. D'où le conflit avec les cités grecques d'Italie du Sud, l'intervention de Pyrrhus d'Epire, puis les visées sur la Sicile, le conflit avec Carthage, les guerres puniques...
L'intervention en Grèce est extrêmement éclairante : en 216, Rome paraît vaincue après la saignée subie à Cannes. Hannibal conclut un traité d'alliance avec Philippe V de Macédoine, probablement de pure circonstance, car le macédonien ne fera pratiquement rien contre Rome, sauf peut-être soutenir en sous main la piraterie en mer Adriatique. Néanmoins, dès que les romains en ont fini avec Carthage, ils se retournent contre la Macédoine et débarquent en Grèce, sous prétexte de «libérer» les cités grecques (on verra de quelle manière quand ils raseront Corinthe en -146, après que les grecs aient eu l'ingratitude de se révolter contre leurs «libérateurs»). Or, je le répète, la Macédoine n'est pas une menace pour Rome, car elle ne s'est jamais intéressée qu'aux jeux de pouvoir entre les héritiers de l'empire d'Alexandre, c'est à dire à l'Orient et à la Grèce. D'où l'affaiblissement de la Macédoine après Magnésie, l'intervention d'Antiochos III (un grand fauve séleucide qui voudrait remplacer la Macédoine en Grèce)... et l'irruption de Rome en Orient.

Tout cela se passe, faut-il le dire, bien avant l'apparition des généraux avides de conquêtes et d'argent afin de prendre le pouvoir à Rome et avant le développement de la classe des chevaliers et la montée en puissance des publicains, qui gagnent énormément d'argent en exploitant les conquêtes (ce qui sera ultérieurement un moteur important de l'impérialisme romain).

Alors en quoi Rome serait-elle différente ?
Les historiens anglophones font remarquer que Rome a développé une conception de la guerre nouvelle. Les guerres grecques et hellénistiques ne se traduisent pas par la destruction de l'adversaire (le rasage de Thèbes par Alexandre le Grand est un fait exceptionnel) : à un moment donné, un des antagonistes crie «pouce, j'ai perdu !» et accepte les conditions de l'autre. Il peut y avoir exil ou déportation d'une partie de la population, paiement d'une indemnité, installation d'un gouvernement à la botte du vainqueur, mais l'entité politique subsiste. Ainsi, Sparte ne détruit pas Athènes après l'avoir battue à plate couture à la fin de la guerre du Péloponnèse (et Athènes s'en relèvera).
Ceci explique l'inertie d'Hannibal, élevé par un précepteur grec et dont le comportement a toujours été celui d'un prince hellénistique, après la bataille de Cannes : il n'attaque pas Rome par manque de moyens, mais parce que, de son point de vue, il est vainqueur. Il a détruit l'armée romaine, a détaché de Rome ses meilleurs alliés/sujets (Capoue, Syracuse, l'Italie du Sud), a rendu l'indépendance aux Celtes d'Italie du Nord. Il attend les propositions de Rome... qui ne viendront jamais.

Parce que cette mentalité est étrangère aux romains de cette période. Pour eux, Rome ne peut pas s'avouer vaincue et une guerre ne peut s'achever que par la destruction ou l'assujettissement/absorption de l'adversaire (ce qui revient au même). Ce concept de «guerre totale» est nouveau dans l'Antiquité, à l'exception de l'empire assyrien (mais les assyriens étaient avant tout des prédateurs).
Cela se vérifie dans le cas de Carthage, qui est vaincue par deux fois, mais non détruite, et que Rome finit par détruire – la même année que Corinthe - (alors qu'elle a perdu sa puissance), non parce qu'elle la craint (à mon avis), mais parce qu'elle veut avoir le champ libre en Afrique.

Par ailleurs, on peut discuter des aspects négatifs ou positifs de l'impérialisme romain (et encore faudrait-il déterminer à quelle époque, car durant la période républicaine et longtemps après, Rome s'est contentée d'exploiter au maximum ses conquêtes), il n'en demeure pas moins que les conquêtes se sont traduites par des violences inimaginables. On estime que les campagnes de César en Gaule se sont traduites par la disparition d'au moins un million de personnes (morts au combat, réduction en esclavage...) soit probablement plus de 20% de la population.
Et pratiquement aucune acquisition ne s'est faite pacifiquement.
«Là où ils font un désert, ils appellent cela la paix» disait un chef germain, et cela devait être le sentiment de la plupart des nouveaux «heureux» sujets de Rome.

La notion d' empire universel n' a pas appartenu, à mon sens, à l' «idéologie» romaine. La «force des choses» comme disait Saint-Just a abouti au fait que l'empire romain recouvrait la plus grand partie de l'univers connue à l'époque et on trouve des traces, par exemple dans les «Pensées» de Marc Aurèle, de l'idée que le genre humain et la population de l'empire, l'univers et l'empire sont une même chose. Mais rien de voulu : c'est la même mentalité que la Chine impériale, qui prétendait être la seule partie civilisée de l'univers, les autres nations n'étant que des barbares et leurs dirigeants des vassaux du Fils du Ciel.
A mon avis, le seul empire qui ait prétendu et tenté consciemment de conquérir l'univers entier est l'empire mongol.
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Guillaume
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MessageSujet: Re: L'impérialisme romain   Lun 12 Mar - 11:18

Belle intervention Otto ! Smile

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